US Open 2022 : le couronnement pour Carlos Alcaraz, vainqueur de son premier Grand Chelem et plus jeune numéro un mondial de l’histoire

US Open 2022 : le couronnement pour Carlos Alcaraz, vainqueur de son premier Grand Chelem et plus jeune numéro un mondial de l’histoire

L’Espagnol est venu à bout du Norvégien Casper Ruud pour remporter, dimanche, son premier Grand Chelem en carrière.

Une soirée à jamais dans l’histoire. Ce dimanche 11 septembre 2022, Carlos Alcaraz est entré dans les annales du tennis à plus d’un titre. Le voilà parmi les grands, avec son premier titre du Grand Chelem en carrière après son succès en finale contre Casper Ruud (6-4, 2-6, 7-6 [1], 6-3). Mais surtout, il s’installe à la table des rois, ceux qui auront un jour régné sur leur sport. A 19 ans, 4 mois et 8 jours, il devient le plus jeune numéro un mondial de l’histoire, détrônant l’Australien Leyton Hewitt comme patron le plus précoce, et le Russe Daniil Medvedev, stoppé plus tôt dans cet US Open. La conclusion rêvée d’un parcours semé d’embûches, jusqu’à une finale loin d’être cousue de fil blanc.

Sur un fil, c’est à peu près comme ça qu’Alcaraz a dû vivre ce rendez-vous pendant près d’une heure et demie. L’Espagnol avait certes pris le meilleur départ en remportant le premier set. Mais il a vite perdu pied, rattrapé par l’enjeu peut-être, mais surtout par ses tours précédents et les bras de fer à rallonge face à Marin Cilic , Jannik Sinner , puis Frances Tiafoe . Alors, cette finale n’a pas connu les mêmes envolées d’intensité et de virtuosité que ses quart de finale et demi-finale, qui resteront comme des sommets de cette quinzaine. Parce que son plus jeune participant n’était plus aussi mobile, et en conséquence moins inspiré, abusant des amortis pour écourter les échanges.

La fin du troisième set comme tournant

Sans surjouer, constant, Casper Ruud a semblé un temps le plus costaud, tout simplement. Même les rallyes spectaculaires si chers à l’Espagnol de 19 ans ont été conclus cette fois par le Norvégien, guidé par davantage de fraîcheur physique et de lucidité. Alcaraz était simplement éprouvé par son soixantième match de la saison et le temps passé sur le court (23 heures et 40 minutes), le plus long dans un tournoi du Grand Chelem depuis le début du siècle. D’autant qu’en face, son adversaire ne s’est pas contenté de faire le mur, osant tenter d’aller au filet, ou sur des passings longs de ligne redoutables.

Mais on ne sait trop comment, le Murcien a su trouver un petit rebond à 4-4 dans le troisième set, alors qu’il semblait au bord de la rupture. L’appui du public ? Un moteur en mode diesel à force de gagner en cinq sets ? Ou simplement un mental de géant ? De cette petite étincelle est née un brasier ardent, d’énergie et d’intensité. Il a tout d’abord écarté deux balles de troisième set à 6-5 lors d’un jeu à couper le souffle. Rien de moins que la bascule du match.

L’Espagnol se conjugue au présent

Casper Ruud, si juste jusqu’alors, a sabordé son opportunité en passant totalement au travers de son tie-break, perdu sept points à un. Carlos Alcaraz, lui, retrouvait au même moment sa qualité de service (huit aces dans le quatrième set) pour raccourcir l’échange, enfin. Et même un smash, complètement manqué à deux points du but, ne l’a pas détourné de cette conclusion devenue évidente.

Le tennis mondial avait déjà reçu le faire-part de naissance de « Carlitos » depuis plus d’un an. Mais le voir en avance sur le temps, et sur les légendes – encore au sommet – de la génération précédente n’en reste pas moins une sensation grisante, celle d’une passation de pouvoir de celui pour qui le sobriquet de « nouveau Nadal » est déjà presque limité. Le protégé de Juan Carlos Ferrero rejoint son compatriote comme un vainqueur de Grand Chelem à seulement 19 ans.